René d'Anjou, «Le Livre des tournois», 1460-65, Parigi, Bibliothèque nationale, Ms. fr. 2695

La Cavalleria

La Cavalleria

Pierre Dujols
Pierre Dujols
Pierre Dujols (22 marzo 1862- aprile 1926) fu proprietario della parigina «Librairie du Merveilleux», frequentata da Fulcanelli, Guénon, Jules Boucher, Oswald Wirth, Schwaller de Lubicz, Paul Vulliaud. Ranque, nel suo La pietra filosofale segnala che «Magophon», questo è lo pseudonimo di Pierre Dujols, ha cognizioni sulla pratica dell’opera alchemica. In stretto rapporto anche con Papus, che chiamava «caro Maestro», Dujols era l’animatore dell’Ordine del Tempio Rinnovato creato da Guénon. Il manoscritto che pubblichiamo è incompiuto ed è registrato nella Biblioteca di Lione al n. 5491. La redazione è a cura di un collettivo di Grenoble, e la traduzione è di Leonardo Bigliocca.

Pierre Dujols, libraire spécialisé dans les ouvrages hermétiques, a signé une étude du Mutus Liber sous le pseudonyme de Magophon, il est décedé en 1926.

Manuscrit n° 5491 de la bibliothèque de Lyon écrit aux environs de 1900
* entre parenthèse () : orthographe non sûre * entre crochets [] : commentaire du transcripteu

L’histoire n’a vu dans la chevalerie qu’un ordre militaire destiné à livrer le bon combat. Elle n’a saisi que la forme extérieure, que le corps physique de l’institution. En réalité, la Chevalerie était une organisation très complexe basée sur le ternaire et comprenait le corps, l’âme et l’esprit.
L’esprit était constitué par un aréopage de hauts initiés, prêtres-philosophes héritiers de la Sagesse et de la Science égyptiennes des Mages, de Pythagore, de Platon et des Druides du Celtisme. Ils conservaient dans leur collège les traditions mystèriales de l’antiquité et imprimaient le mouvement à l’organisme par l’intermédiaire des troubadours et des trouvères. Ceux-ci, bardes, ménestrels, jongleurs, constituaient le corps médian qui servait de lien entre les deux extrêmes. Ils recevaient d’en haut la doctrine et la transmettaient en bas au moyen de poèmes et de chansons allégoriques, dont le sens intime échappait souvent à l’auditoire composé de la gent bardée de fer, matière rude, grossière, rempart du dogme, qui prenait à la lettre les belles histoires des poètes et y puisait les vertus et l’héroïsme indispensable à l’action séculière que devaient accomplir les guerriers de la Corporation.
Sous son aspect un, la Chevalerie était donc triple. Les Historiens n’en ont retenu que l’enveloppe encuirassée. Cette enveloppe avait nécessairement la couleur propre au milieu où elle se développait, c’est-à-dire était chrétienne. C’est une loi de nature. Mais le christianisme n’était pas alors ce qu’il est aujourd’hui et dans tous les cas n’exerçait encore qu’une action relative sur la société civile. Qu’on ne perde pas de vue qu’au XI° siècle l’Eglise éprouvait les plus grandes difficultés à contenir le brigandage des temps féodaux. L’Europe était un immense coupe-gorge . L’invasion des barbares avait profondément altéré les moeurs. L’autorité ecclésiastique imposait bien aux puissants barons La Trêve de Dieu, mais elle devait faire la part de ces lions déchaînés en leur abandonnant trois jours de la semaine pour leurs nobles rapines. La Masse n’était pas d’avantage pénétrée par le ferment théologique de Rome et conservait toujours les coutumes, les usages et les croyances du Paganisme. Jésus-Christ ne faisait guère qu’un dieu de plus, supérieur sans doute aux dieux de l’Olympe qu’il avait vaincus et détrônés, mais aussi incompris des adeptes de la foi nouvelle.
Il est donc impossible d’admettre la Chevalerie comme une création réellement orthodoxe. Elle était plutôt un prolongement des ordres équestres grecs et latins. Tout y trahit, du reste, des origines étrangères à la religion qui s’étendait progressivement sur le pays. Le présent n’est fait que du passé, de même que l’avenir se compose du passé et du présent. On ne crée pas un monde d’un coup de baguette féerique. Les choses évoluent lentement et se succèdent par filiation. A la suite des siècles elles changent de visage. Les générations actuelles ne ressemblent plus aux générations primitives qui les engendrèrent.
Ce travail de transformation qui échappe souvent à l’historien doit être analysé par le Philosophe. C’est à cette étude profonde qu’une pléiade d’écrivains déçus par l’artifice des opinions conventionnelles qui ont prévalu jusqu’à nos jours, ont consacré leur labeur, étudiant les dessous des histoires, fouillant les décombres, remuant des poussières séculaires, ils ont exhumé, à l’étonnement des Pontifes, une Chevalerie toute différente de celle de la Tradition.
Ces auteurs, Ugo Foscolo, Gabriele Rossetti, E.J. Delécluze " Dante Alighieri : la vie nouvelle ", Philarète Chasles " Galiléo Galiléi, sa vie, son procès ", Eugène Aroux " La Comédie de Dante ", " Dante hérétique ", " Clé de la comédie anti-catholique de Dante Alighiéri " et même Antony Rhéal, auxquels il convient d’associer Grasset d’Orcet, ont jeté les plus vives lumières sur ce point obscur de la vie médiévale, et à leur clarté il nous sera permis de restituer la physionomie réelle de l’ordre chevaleresque, de ses paladins, de ses troubadours, de leurs gestes, de leurs chants et des récits légendaires qui constituent le Cycle du Graal.
La caractéristique de la Chevalerie, suivant les Classiques, est la galanterie, l’amour des preux pour les dames. Les célèbres cours d’amour de Romanin et d’ailleurs, les lois qui les régissaient, les jugements et procédures qui en émanèrent seraient autant de preuves de l’esprit érotique de l’institution. Si l’on consulte les Pandectes [recueils de décisions d’anciens jurisconsultes romains] de ces tribunaux singuliers, les difficultés apparaissent. Il est difficile et même impossible d’accorder la vertu de ces nobles figures avec les sanctions peu honorables qui les frappent et les avilissent. Il faudrait donc admettre alors qu’il fut un temps où nous n’avions plus de moeurs et ce serait justement ce temps-là qu’on nous proposerait comme modèle?
L’amour n’est pas toujours une vertu, et l’on a dit nos chevaliers gens vertueux. Qu’on nous explique les articulations infamantes dont les assises d’amour ont fait état et qu’on les concilie, si l’on peut, avec l’honneur conjugal. Ces hommes de fer à qui rien ne résistait, faisaient-il à ce point bon marché du sang d’une race dont ils se montraient si jaloux et abandonnaient-ils leur lit aux pires aventures?
L’Amour ! Mais c’est sur la valeur de ce mot que les avis se sont partagés. L’amour chevaleresque devenu un parangon de pureté était-il l’inclination vulgaire qui porte un sexe vers l’autre. N’y avait-il pas, au contraire, dans ce terme, une intention mystique, étrangère au doux commerce des coeurs et des sens? C’est l’opinion qui commença à prévaloir et que nous partageons. Elle est appuyée de preuves pragmatiques.
Rossetti, le premier, a établi sa démonstration dans ce sens en cinq gros volumes formant environ deux milles pages et intitulés : Il Mistero d’ell Amor platonico del Medio Evo, derivato da Mysteri antichi. L’érudit professeur de littérature italienne, né à Gondrise, malgré la violence que la vérité faisait à ses sentiments catholiques, s’incline devant les faits.
Dans cet ouvrage monumental, d’une érudition historique et littéraire immense, dit Delécluze, l’exilé italien développe le système de l’amour platonique ou allégorique, qu’il fait remonter à l’origine des mystères de la Grèce et à la secte des soufis de l’Inde.
L’auteur de Dante Alighieri et la Poésie amoureuse, qui échappe à toute suspicion par son attitude de distance des conflits , reconnaît lui-même que la poésie érotique des troubadours découle de la même source. Il la retrouve chez la grande prêtresse de Mantinée, Diotime de Mégare, qui aurait initié Socrate à la Religion d’Amour. Socrate y aurait admis Platon, l’Académie l’aurait répandue et, passant par Alexandrie, elle aurait fait son apparition en Italie et en France avec l’entrée des Isiaques et des Philosophes dans la ville de Rome.
En d’autres termes, la Religion d’Amour serait la même que celle des Inititations antiques.
Mais parvint-elle dans nos régions par cette seule voie? N’y avait-il point déjà chez nous un foyer ardent du même culte?
Grasset d’Orcet, le perspicace sphinx qui a débrouillé l’énigme du Songe de Polyphile, nous donne l’explication d’un texte stéganographique dont le sens avait défié jusqu’alors la sagacité des meilleurs cryptographes.
" Le Druide ne rend de culte qu’au vrai seul amour. Il est la clef ouvrant aux âmes le ciel et le roi du monde. Il est le maître qui fit le soleil au ciel qui y domine comme vrai seul seigneur. Le Franc-Maçon tient pour principe universel le Brouillard d’où sort le Principe du Vrai régnant seul. "
On sera surpris de lire ici ce terme de Franc-Maçon qui semble un anachronisme au milieu des Philosophes, des Druides et des chevaliers du moyen-âge. Mais Grasset d’Orcet nous transporte justement à ces époques. Il envisage les associations des Architectes et Constructeurs de Cathédrales qui se reliaient vraisemblablement aux pontifes païens, ou constructeurs de ponts. Il étend même plus haut les ramifications maçonniques. Il nous révèle l’existence d’une Chevalerie du Brouillard. Cette manchette, qui évoque la basse littérature de certains feuilletonistes, correspond à un principe de haute métaphysique du domaine de la Gnose. Le Brouillard dont il s’agit est l’inconnaissable, le Pater Agnostos des ésotéristes. Il est peut-être encore autre chose d’aussi inaccessible que les Philosophes hermétistes savent bien, mais qui n’entre point dans notre sujet.
" On remarquera dans ce texte, dit Grasset d’Orcet, le mot néphès (qu’il traduit par brouillard ainsi que le veut le grec). C’est le nom de deux poèmes célèbres, les Niebelungen et les Nuées d’Aristophane. Le Brouillard ou l’Inconnu, principe universel, était, en effet, le grand dieu de la franc-maçonnerie grecque aussi bien que de la moderne, la nue qui embrassait Ixion et que les grecs nommaient gryphé d’embrouillée, avec une tête de boeuf pour hiéroglyphe. Nous allons voir, du reste, que cette profession de foi, que les Francs-Maçons disaient tenir des Druides, était exactement conforme à celle de Platon " Or Platon disait que l’Amour est le plus ancien Dieu du monde.
M. G. D’Orcet se complait-il dans une erreur nécessaire à sa thèse hardie? Les Francs-Maçons contemporains qui se piquent de détenir les véritables traditions, penseraient-ils différemment? Cédons leur la parole: " Montrons-nous, s’écriait le F.: Bailleul, dans un discours prononcé au G.O le 19 octobre 1847, montrons-nous digne d’être les continuateurs de cette vénérable institution qui a travers tant de siècles depuis la mission mission mystique de notre frère Platon."
Mais le F.: Bailleul pourrait s’abuser peut-être sur les lettres de noblesse de l’ordre auquel il est si fier d’appartenir.
L’américain MacKey, auteur d’ouvrages considérables sur les origines de la maçonnerie, déclare avoir retrouvé au siège primitif de l’Académie Platonicienne de Florence, fondée en 1480, les fresques murales originales illustrées des symboles pythagoriciens. Notons en passant que les maitres, aprés Dante, dans les sciences d’amour, L. Arioste, Pétrarque, Le Tasse, Boccace, Michel-Ange, Gravinne et Marsile Ficin, le savant humaniste, prètre et chanoine de l’église de Rome, en faisait partie. Ce dernier nous a laissé un tèmoignage écrit de la nature de ses croyances. On lit dans un de ses ouvrages, sorte de Banquet, cette indication singulière sous la plume d’un écclésiastique: " Que le Saint-Esprit, amour divin qui nous a été soufflé par Diotime, dit-il, nous éclaire l’intelligence. "
Ce n’est plus le Paraclet orthodoxe.
Il est vrai que toutes les sources qui proviennent plus ou moins du Bâtiment ou de certaines côteries peuvent paraitre suspectes et intéressées. Récusera-t-on celles de l’Histoire officielle ?
M. Henri Martin, qui fait autorité, raconte lui-aussi la Maçonnerie et la Chevalerie, et (celle-ci) au druidisme. Il reconnait que le Roman du Saint Graal en est l’expression authentique. Nous verrons plus loin à attacher la Table-Ronde aux mystères de la Grèce. Voici le texte de l’historien Henri Martin. " Dans le Titurel, la légende du Graal atteint sa dernière et splendide transfiguration sous l’influence d’idées que Wolfram semblerait avoir puisées en France et particulièrement chez les Templiers du Midi de la France (les Albigeois). Un héros, appelé Titurel, fonde un temple pour y déposer le Saint Vaissel et c’est le prophète Merlin qui dirige cette construction mystèrieuse, initié qu’il a été par Joseph d’Arimathie en personne au plan du temple de Salomon. La chevalerie du Graal devient ici la Massenie, c’est-à-dire une franc-maçonnerie ascétique dont les membres se nomment Templistes, et l’on peut saisir ici l’intention de relier à un centre commun, figuré par ce temple idéal, l’Ordre des Templiers et les nombreuses confréries de constructeurs qui renouvellent alors l’architecture du moyen-âge. On entrevoit là bien des ouvertures sur ce que l’on pourrait renommer l’histoire souterraine de ces temps, beaucoup plus complexe qu’on ne le croit communément ".
M. G d’Orcet, qui parait avoir remué des montagnes de livres à ce point de vue, nous assure "que le nombre d’ouvrages qui traitent de l’ancienne maçonnerie est prodigieux et non moins prodigieux par la variété des formes, car il n’est pas jusqu’à l’ordre des Jésuites qui n’y ait apporté son contingent, et même l’un de ses types les plus complets, est l’ouvrage du jésuite (Villalpanie) sur le temple de Salomon.
Que la chevalerie du moyen-âge nous vienne des initiations grecques ou druidiques, celà ne parait plus guère un point trés discutable. Mais au cas ou elle dériverait plus particulièrement d’une formation celtique, on pourrait néanmoins la faire rebondir bien au delà. Arthur, le Roi-Chevalier et le (penteyrn) des Bretons, prétendait tirer son origine de Troie et sa généalogie d’Ascagne, fils d’Enée l’Initié. Il fonde l’ordre de la Table Ronde sur des traditions antiques.
Le point de départ de l’institution se perd donc dans la nuit des temps, mais ce qui s’impose par l’évidence même, c’est que toutes les associations chevaleresques étaient étrangères à la doctrine chrétienne, encore qu’elles eussent revêtu par la force des choses la livrée de l’Eglise régnante. Et encore formulerions nous la plus expresse réserve au sujet du dogme chrétien.
Nous n’insisterons pas. Il semble bien démontré que la chevalerie est un ordre mystèrial, prolongement de Memphis, de Thèbes et de la Grèce. Le docte (Goerres) convient lui-même qu’elle formait une vaste société secrète, et il en identifie tous les rites avec ceux des mystères païens.
La chevalerie est venue mourir dans les loges maçonniques de nos jours, où l’on rencontre encore une profusion de titres chevaleresques qui décorent des Frères dont l’ignorance vaniteuse rappelle l’âne de la fable, porteur de reliques. Henri Martin s’en fait garant: " Ce qui est bien curieux, et ce dont on ne peut guère douter, dit-il, c’est que la Franc-Maçonnerie moderne ne remonte d’échelon en échelon jusqu’à la Massenie du Saint-Graal. "
Le Graal est la clef du mystère chevaleresque. C’est le masque chrétien de la foi antique, le Palladium de l’ordre qui le met à l’abri du soupçon d’hérésie. Le Graal des légendes de la Table Ronde est, pour le profane et l’Eglise jalouse, le Saint Vaissel dans lequel Jésus a célébré la dernière cène la veille de sa mort et institué le sacrement de l’eucharistie. En réalité, pour les adeptes, c’était autre chose, ou plutôt le symbole spirituel de l’arcane matèrialisé par Rome. Le mot Graal a mis dans le plus grand embarras les étymologistes. Diez s’est approché de la raçine en fasiant dériver ce dernier du grec crater qui, dit-il, aurait pu devenir cratale. Il, en effet, le cratère - le mot est rentré dans notre langue - désigne bien une grande coupe.
Mais cette coupe - la Coupo Santo que chantent encore nos félibres albigeois et chevaliers du Graal sans le savoir, est le vase païen du feu sacré. Camille Duteil, ancien conservateur du Louvre, section égyptologique, sans soupçonner qu’il avait retrouvé le Graal de la Table Ronde, nous révêle à la page 143 de son inestimable " Dictionnaire des Hiéroglyphes " que les égyptiens nommaient gradal un vase en terre cuite dans lequel on conservait le feu dans les temples. Le provençal, surtout le languedocien montagnard, moins corrompu, appelle grasal un certain vase. Il est à propos ici de rappeler que les chevaliers continuateurs des rites égyptiens parlaient et écrivaient le provençal. Ce mot (est) passé dans la langue des troubadours. Le gardal, en écriture hiéroglyphique, ajoute cet auteur, exprime l’idée du feu (le contenant pour le contenu). Sérapis portait le gardal sur la tête. Les vierges consacrées des temples de Memphis entretenaient le gardal sur l’autel de Ptha, comme l’emblème du feu éternel qui perpétue la vie dans l’univers. L’Igne Natura Renovatur Integra des Rose-Croix, à notre sentiment, est une traduction phonétique de ce symbole, que la chevalerie gardait soigneusement sous le voile. Tous les anciens temples vénéraient cette figure. Le Temple de Vesta à Rome en fut une des dernières expressions. Mais pourrait-on affirmer que l’allégorie en est entièrement disparu? La lampe qui brûle perpétuellement devant le Saint-Sacrement dans les sanctuaires catholiques est un souvenir du gardal égyptien, et ce n’est pas le seul. Nous démontrerons un jour que le catholicisme est la seule religion qui ait conservé dans la liturgie la véritable tradition des mystagogies orientales.
Le Gardal est devenu, par contraction, Grâal, avec un accent circonflexe, puis Graal qu’on a écrit sans tenir compte du signe de la contraction.
La légende chrétienne dont on enveloppait cet arcane, le patronage de Joseph d’Aritmathie [N-O de Jérusalem] qui avait offert le sépulcre au Sauveur, couvraient suffisamment les origines suspectes de ce rite. Il est vrai que toute l’église chrétienne repose sur le même fondement, mais celle-ci, matèrialisant le symbole, n’en expose que l’exotérisme aux fidèles tandis que la chevalerie en révélait l’ésotérisme. Au surplus il ne serait pas difficile d’établir que le nom des personnages qui évoluent autour du Graal n’ont rien d’hébraïque; Joseph d’Arimathie sonne grec. Arimathie est visiblement formé de airemahesis, science de démonstration. Le radical air du verbe aireio, démontrer, nous a donné airetist , hérétique. C’était un titre de maitrise ou un surnom initiatique. Ainsi les Compagnons modernes se désignent encore entre eux par certains vocables: X- la clef des Coeurs, Agricol Perdiguier était surnommé Avignonnais la Vertu. Arimathie était un mot tout-à-fait en situation mais propre à donner le change aux chefs de l’église temporelle qui n’y voyaient que l’arimathaïn de Palestine . Titurel, le fondateur du Temple du Graal, est encore un nom tiré de titrain qui signifie trouer, percer. Il correspond à Perceval, Parsifal, Perceforest qui sont une traduction manifeste de Titurel. Ces aperçus ajoutent quelque poids à l’opinion des écrivains dont nous avons fait état.
Dans une exposition sommaire de l’histoire secrète de la Chevalerie il serait superflu d’insister. Du reste, la preuve des origines mystèriales de la Chevalerie a été faite avec une ampleur impressionante par un homme de grande culture, d’esprit religieux large, Eugène Aroux, ami de l’historien clérical Cesare Cantu, et traducteur de son Histoire universelle. Eugène Aroux a consacré à cette démonstration une série d’ouvrages d’une érudition insoupçonnable que nous énumérons par ordre de date: Dante hérétique, révolutionnaire et socialiste. La comédie de Dante traduite en vers selon la lettre et commentée selon l’esprit. Le paradis de Dante illuminé à Giorno. Dénouement maçonnique de la Comédie albigeoise. Preuves d’hérésie de Dante, notamment au sujet d’une fusion opérée vers 1312 entre la Massénie albigeoise, le Temple et les Gibelins pour constituer la Franc-Maçonnerie. Clef de la comédie anti-catharique de Dante. L’hérésie de Dante démontrée par Francesco de Rimini et Coup d’oeil sur les romans du Saint-Graal. La Clef da la Langue des Fidèles d’amour et enfin Les mystères de la Chevalerie et de l’amour platonicien au Moyen-âge.
L’auteur de ce travail de bénédictin sacrifie une partie de sa fortune et toute son existence pour faire prévaloir historiquement dans l’église et les universités ce fait patent et irréfutable que Dante fut un hiérophante de la Massénie chevaleresque et le fondateur de la Maçonnerie moderne. Cette opinion est recevable au moins dans les grandes lignes, car le fond hermétique de l’institution chevaleresque a échappé aux investigations d’Eugène Aroux insuffisament instruit des choses de l’occulte.
Le point de vue d’Aroux diffère sensiblement du nôtre. Nous tâcherons de trouver un moyen de conciliation car il ne comporte aucune incompatibilité absolue.
" Il y avait réellement, dit-il, dans la civilisation du midi comme celle du nord, bien moins avancée, et il ne pouvait y avoir qu’une seule chevalerie. Elle était purement féodale et nullement amoureuse. Celle des Tristan, des Lancelot du Lac, des Amadis et des Galaor n’a jamais existé que dans les romans et dans les assemblées secrètes de la Massénie albigeoise. C’est dans cette dernière qu’il faut chercher les chevaliers du Cygne, de l’Aigle noir et blanc, d’Orient et d’Occident, etc... ainsi que les poursuivants d’amour à tous les degrés. "
Qu’est-ce à dire ? Cette tradition de bons chevaliers errants et amoureux prêts à rompre une lance pour le triomphe de l’honneur et du bon droit ne reposerait que sur une fiction mystagogique et n’aurait eu de vigueur que dans des réduits souterrains , nombreux à la vérité, mais trés distants des hauts manoirs et fiers castels perchés sur des cimes trop élevées? Eugène Aroux tombe ici dans une erreur regrettable. Il confond noblesse et chevalerie. Les deux choses pourraient se combiner somme toute, mais n’étaient pas de même nature. Quand il nous parle d’une chevalerie féodale et d’une chevalerie amoureuse il fait montre d’une inconséquence assez singulière chez un homme aussi averti.
M. Aroux se trompe. Il n’y avait qu’une chevalerie; celle des mystères. Tous les nobles, même les plus grands feudataires n’y étaient pas admis. Le titre de chevalier était recherché comme le plus grand honneur qui pût échoir à un homme sur terre et le couronnement de la noblesse. Cette dignité était même refusée aux rois. Certains monarques l’acquirent, il est vrai, à une époque de décadence où la chevalerie n’était plus qu’un mot creux dont l’esprit s’était envolé. Et même si pour les besoins de la cause on en était réduit à accueillir un souverain régnant dans le temple, c’était à titre profane comme Napoléon ou Louis XVIII ont pu être reçus Maçons.
Le titre de chevalier n’était point décerné à la légère. Il fallait faire ses preuves. On s’est imaginé à tort que ces preux se bornaient à de rudes estocades et à des prouesses de bravoure. Il en allait tout autrement. Pour être armé chevalier il fallait être homme de bien dans toute l’acceptation du terme, renoncer à la vie de rapine des hauts barons routiers et détrousseurs et protéger la veuve et l’orphelin, en un mot être régénéré et né à une vie nouvelle. L’eglise, au XI° siècle, ne pouvait qu’opposer une faible barrière aux déprédations des grands seigneurs et ne put guère avoir exercé une influence suffisante pour que l’on puisse lui faire l’honneur d’un tel revirement dans les moeurs féodales.
Il fallait pour une oeuvre aussi considérable un levier plus puissant que celui de la force cléricale faite surtout d’éléments temporels. Nous ne dénierons pas absolument à l’église romaine une action morale qu’il serait injuste de ne pas admettre. Mais la chevalerie, encore qu’elle se soit développée sous son patronage, avait surtout un habile maquillage, leurrer la puissance des papes et entreprendre (sous le masque) la guerre de sape qui s’est prolongée jusqu’à nos jours.
Pour être au fait de ce qu’était alors l’église officielle, il suffit de lire l’horrible peinture qu’en retrace le véhément Pierre Damien. Jamais on vit pareil étalage de pourriture.Est-il raisonnable de considérer un clergé avili à ce point comme l’instigateur du mouvement chevaleresque? Le Vatican en serait bien embarassé d’en produire la preuve, et il sait bien aujourd’hui qu’il avait d’autres raçines.
Eugène Aroux, si avisé par ailleurs, se montre ici mal informé. Si l’on admettait sa pétition de principe, sa thèse s’écroulerait par la base.
Une objection se pose tout de suite : à la bonne époque la chevalerie n’était pas héréditaire tandis que la noblesse de race l’était. Ce trait distinctif démontre que la chevalerie consacrait une évolution morale toute personnelle.
Ce qui a créé ce malentendu dans l’esprit d’Aroux tient à ce fait administratif: il y avait dans la noblesse une organisation militaire forcément équestre puisque l’on combattait alors à cheval. Mais ces chevaliers étaient des gens de cheval qui portaient le glaive de la force et non celui de la loyauté. Jamais l’histoire ne prouvera que les cavaliers aient été armés chevaliers par une investiture régulière. Le titre de chevalier (bannerit) cause de cette erreur esr une pure homophonie sans conséquence tirée du mot cheval. La chevalerie légendaire qui est aussi celle de l’histoire exigeait une pèriode de probation fort longue.
A l’origine elle durait vingt et un ans. Elle était conférée au milieu d’un cérémonial symbolique qui frappe le moins prévenu . Des parrains ou jurants étaient indispensables et ce n’étaient point des comparses de pure forme. Le candidat passait d’abord par des bains fréquents puis demeurait plusieurs nuits dans une chapelle obscure sans lumière. C’était la nuit du tombeau dans lequel le vieil homme allait être inhumé puis rentrer en putréfaction pour ressusciter à une vie nouvelle ( la Vita nuova de Dante). Ensuite il reparaissait au jour tout vêtu de blanc pour témoigner de la résurrection morale. Il accomplissait alors les rites de la religion officielle. Aprés ce devoir il recevait l’épée, celle du bon combat, et l’on procédait à la vêture. Un discours initiatique accompagnait chaque pièce de l’armure qui murait en quelque sorte le récipiendaire dans les devoirs de sa charge. M. Roy, dans un petit livre, imprimé autrefois chez Marne, a recueilli quelques unes des allocutions prononcées pour la circonstance. L’intention ésotérique y est manifeste: l’armure n’est plus qu’une allégorie. Tout les sabreurs profanes ignoraient le sens philosophique.
Fauriet, dans son Cours de littérature provençal, reconnait au milieu des plus grandes perplexités que la chevalerie, en recrutant dans la menue noblesse, vivant à l’abri des écarts criminels de la noblesse de proie: " Ces hommes qui prenaient l’amour sur un ton si exalté n’étaient ni de grands barons ni de puissants feudataires. C’étaient, pour la plupart, de pauvres chevaliers sans fiefs (l’auteur parle ici la langue de la noblesse actuelle pour laquelle le titre de chevalier est le plus bas dans la hiérarchie). Le plus grand nombre appartenait aux rangs infèrieurs de la féodalité et plusieurs sont expressément cités pour leur grande pauvreté et le peu de figure qu’ils faisaient dans le monde. "
L’on s’étonnera peut-être que l’église n’ait point éventé la supercherie? Mais " maints couvents, tant d’hommes que de femme, étaient envahis par l’hérésie " dit Aroux. M. (Aidre Tieberg), dans son excellent ouvrage sur la Route Sociale signale certains monastères de Champagne qui, au moyen-âge, célébraient les rites symboliques de la Maçonnerie. Ils finirent par disparaitre par la suite, et pour cause.
Non, la chevalerie dont l’Europe s’honore et se glorifie a tenu trop de place dans la vie réelle pour qu’on puisse la réduire à une chevalerie purement allégorique comme celle des (trages). L’une aurait-elle débordé l’autre au point de la faire oublier et de donner le change à tel enseigne qu’on la prenne pour l’autre? Le fait tiendrait de la nature du prodige, car la noblesse extrêmement jalouse de ses prérogatives n’aurait pas souffert un empiètement qui aurait diminué son prestige.
La chevalerie s’inspirait de principes trop élevés pour n’être qu’une institution guerrière, car même celle que E. Aroux considère comme héraldique témoigne des plus nobles aspirations.
A notre avis elle est l’émanation des hautes personnalités du temps qui professaient le christianisme philosophique. S’il en était autrement et s’il fallait nécessairement confondre la chevalerie avec l’albigéisme, le catharisme et le Vaudoiserie il conviendrait d’aller jusqu’au bout de la logique et de dire que tous les membres de ces sectes étaient chevaliers.
Nous ne nous refusons pas à leur reconnaitre des liens de famille avec la chevalerie; mais celle-ci occupait l’étage au dessus de l’hérésie embrassée par le peuple et dirigée par un sacerdoce de même condition. Au lieu de troubadours portant les bonnes paroles les manants avaient les colporteurs, les marchands, les pèlerins et les baladins de carrefour. Cet état de chose découle nécessairement de l’influence régénératrice de la caste supèrieure mais s’ils professaient intimement la même doctrine, la manière différait.
Nous faisons les mêmes réserves en ce qui concerne le christianisme des chevaliers. E. Aroux que c’était celui qu’on entend de nos jours ramené à son état de pureté originelle. Nous pensons, au contraire, que lorsque l’église pactisa avec le pouvoir temporel et donna aux fidèles la chair matérielle du christ pour unique nourriture, les hiérophantes du christianisme philosophique, pour préserver de la ruine qui menaçait la Religion de la sagesse , suscitèrent le mouvement chevaleresque pour réagir sur les hautes classes et suivre le dogme des anciens mystères qui est la nourriture de l’âme par la science.
Aprés avoir remonté en une seule et unique pièce la chevalerie que M. Aroux avait coupée en deux, nous croyons utile de reproduire quelques pages trés instructives des Mystères de la chevalerie de cet auteur, la Massénie du Saint-Graal et les cours d’Amour.
Goërres fait une étude comparative des initiations aux mystères et de l’ancienne chevalerie. Un extrait de ce travail devrait trouver sa place. Vous pourrez peut-être vous le procurer. Ce document vient à l’appui de ma thèse contre celle d’Aroux. Il ferait donc bonne figure et documenterait plus sérieusement ce travail.
La storia non ha visto nella cavalleria altro che un ordine militare destinato all’esercizio dell’arte del combattimento. Essa non ha percepito altro che la forma esteriore, l’aspetto fisico dell’istituzione. In realtà la Cavalleria era un’organizzazione assai complessa fondata sul Ternario e comprendente corpo, anima e spirito.
Lo spirito era costituito da un areopago di alti iniziati, sacerdoti–filosofi eredi della Saggezza e della Scienza dei Magi egiziani, di Pitagora, Platone e dei Druidi celti. Conservavano nel loro sodalizio le tradizioni misteriche dell’antichità e davano impulso alla struttura tramite i trovatori e i trovieri. Costoro, i bardi, i menestrelli e i giocolieri costituivano il corpo mediano che serviva da articolazione fra le due entità estreme. Ricevevano dall’alto la dottrina e la irradiavano verso il basso per mezzo dei poemi e delle canzoni allegoriche il cui senso recondito spesso sfuggiva all’uditorio composto di uomini in cotta di maglia ed armatura, materia rude e grossolana, baluardo del dogma, i quali prendevano alla lettera le belle storie dei poeti e vi attingevano le virtù e l’eroismo indispensabili all’azione secolare che era demandata ai guerrieri della Corporazione.
Sotto un suo aspetto – dunque – la Cavalleria era dunque ternaria. Gli storici non hanno colto altro che l’involucro corazzato. Involucro che aveva necessariamente il colore proprio dell’ambiente in cui si era sviluppato, cioè quello cristiano. È una legge di natura. Ma il cristianesimo non era allora ciò che è oggi, e in tutti i casi non esercitava che un’azione relativa sulla società civile. Non si perda di vista che nel undicesimo secolo la Chiesa affrontava con grandi difficoltà il contenimento del brigantaggio dei tempi feudali. L’Europa era un luogo infido e le invasioni barbariche avevano alterato profondamente i costumi. L’autorità ecclesiastica imponeva con autorità ai potenti baroni la "tregua di Dio", ma essa doveva lasciare il passo a questi leoni scatenati lasciando loro tre giorni alla settimana per compiere le loro nobili rapine. La massa non era affatto permeata del fermento teologico di Roma e conservava sempre i costumi, gli usi e le credenze pagane. Gesù Cristo non era altro che un dio in più, superiore senza dubbio agli dei dell’Olimpo che aveva vinto e detronizzato, ma al tempo stesso incomprensibile agli adepti della nuova fede.
È dunque impossibile considerare la Cavalleria come una creazione realmente ortodossa: era piuttosto un’estensione degli ordini equestri greci e romani e tutto tradiva, del resto, le origini aliene alla religione che si estendeva progressivamente nel continente. Il presente non è costruito che dal passato, come il futuro dal passato e dal presente: non si crea un mondo con un semplice colpo di bacchetta magica. Le cose si evolvono lentamente e si succedono per filiazione e mutano d’aspetto nell’ordine dei secoli. Le generazioni attuali non rassomigliano alle generazioni primitive che le generarono.
Questo lavoro di trasformazione che spesso sfugge allo storico deve essere preso in esame dal Filosofo. A questo studio profondo una pleiade di scrittori, delusi dall’artificiosità delle opinioni convenzionali che sono prevalse fino ai nostri giorni, hanno consacrato il loro lavoro studiando le radici intime delle leggende, scavando fra le rovine, sollevando la polvere secolare, riesumando, fra la meraviglia dei Pontefici, una Cavalleria completamente diversa da quella tradizionale.
Questi autori come Ugo Foscolo, Gabriele Rossetti, E.J. Délecluze in Dante Alighieri: la Vita Nova, Philaréte Chasles in Galileo Galilei, la vita e il processo, Eugène Aroux in La Commedia di Dante, Dante eretico, Chiave della Commedia anticattolica di Dante Alighieri e anche Antony Rhéal, al quale bisogna unire Grasset d’Orcet, hanno proiettato la più viva luce su questo aspetto oscuro della vita medievale, e grazie alla chiarezza da loro fatta ci è consentito di ricostruire la fisionomia reale dell’ordine cavalleresco, dei suoi paladini, dei suoi trovatori, delle gesta, dei loro canti e dei racconti leggendari che costituiscono il ciclo del Graal.
La caratteristica della Cavalleria, secondo i classici, è la galanteria, l’amore dei prodi per la donna. Le celebri corti d’amore di Romanin e d’altri, le leggi che le reggevano, le sentenze e le procedure che emanavano sono altrettante prove dello spirito erotico [nel senso di Eros, N.d.T.] dell’istituzione. Se si consultano le Pandette di questi singolari tribunali appaiono molti punti oscuri. È difficile e anche impossibile armonizzare la virtù di queste nobili figure con le sanzioni poco onorevoli che le colpiscono e le avviliscono. Bisognerebbe dunque ammettere che quello fosse un tempo dove non v’erano più dei costumi e sarebbe proprio quel tempo che noi proporremmo quale modello?
L’amore non è sempre una virtù, e si è definito i nostri cavalieri persone virtuose. Ci si spieghino gli epiteti infamanti proferiti nelle assisi d’amore e si concilino, se ne si è capaci, con l’onore coniugale. Questi uomini corazzati, ai quali niente poteva resistere, tenevano così di poco conto il sangue di una stirpe di cui si mostravano così gelosi e abbandonavano il loro talamo alle peggiori avventure?
L'Amore! Ma è sul valore di questa parola che vi sono posizioni divergenti. L’amore cavalleresco, divenuto prototipo di purezza, era l’inclinazione volgare che spinge un sesso verso l’altro, o forse non vi era, al contrario, in questo termine un’intenzione mistica, aliena al dolce commercio dei cuori e dei sensi? Questa è l’opinione che incomincia a prevalere e che noi appoggiamo: essa è avvalorata da prove concrete.
Rossetti, per primo, costruì la sua dimostrazione in questo senso in cinque grossi volumi per oltre duemila pagine intitolate Il Mistero dell’Amor platonico del Medio Evo, derivato dai Mysteri antichi. L’erudito professore di letteratura italiana, nato a Gondrise, malgrado la violenza che la verità faceva ai suoi sentimenti di cattolico s’inchinò di fronte ai fatti.
«In questa opera monumentale di un’erudizione storica e letteraria immensa – dice Délécluze – l’esule italiano sviluppa il concetto di amore platonico o allegorico che si collega alle origini dei misteri greci e alla setta dei Sufi dell’India».
L’autore di Dante Alighieri e la Poesia amorosa, che è al di sopra di qualsiasi sospetto per la sua posizione di astrazione dai conflitti, riconosce che la poesia erotica dei trovatori proviene dalla stessa sorgente. Egli la ritrova presso la grande sacerdotessa di Mantinea, Diotima di Megara, che aveva iniziato Socrate alla Religione d’Amore. Socrate vi avrebbe ammesso Platone, l’Accademia avrebbe diffuso e, passando per Alessandria, avrebbe fatto la sua apparizione in Italia e in Francia con la comparsa dei seguaci di Iside e dei Filosofi nella città di Roma. In altri termini la Religione di Amore sarebbe stata la stessa delle Iniziazioni antiche.
Ma pervenne nelle nostre zone solo per quella via? Non vi era già proprio presso di noi [in Francia, N.d.T.] un fuoco acceso al medesimo culto? Grasset d’Orcet, la sfinge perspicace che ha soluto l’enigma del Sogno di Polifilo, ci fornisce la spiegazione di un testo steganografico il cui senso aveva sino ad allora sfidato le capacità dei migliori decrittatori: «Il Druida non ha altro culto che il vero solo amore. Quest’ultimo è la chiave che apre alle anime il cielo ed è il signore del mondo; esso è il maestro che fece il sole nel cielo che domina come vero unico signore. Il Massone tiene per principio universale la Nube dalla quale emerge il Principe della Verità unico regnante».
Ci si sorprenderà nel leggere il termine "massone" che sembra un anacronismo fra Filosofi, Druidi e cavalieri medievali; ma Grasset d’Orcet ci trasporta giustamente verso queste epoche. Egli esamina le associazioni di Architetti e di Costruttori di Cattedrali collegate verosimilmente ai pontefici pagani, o costruttori di ponti. Più avanti estende anche le ramificazioni massoniche e ci rivela l’esistenza di una Cavalleria della Nube. Questa notizia, che ci evocherebbe l’infima letteratura di certi pseudo-scrittori, corrisponde invece ad un concetto di alta metafisica nel dominio della Gnosi. La Nube di cui si tratta è l’Inconoscibile, il Pater Agnostos degli esoteristi. E potrebbe essere ancora qualcosa d’altro perfettamente inaccessibile e che i Filosofi ermetisti ben conoscono, ma che esula totalmente dalla nostra trattazione.
«Si noterà in questo testo – dice Grasset d’Orcet – il termine néphès, n e j e l h (che traduce con nube o oscurità come l’esige la lingua greca). Ne deriva il nome di due celebri poemi, i Nibelunghi e le Nuvole di Aristofane. La Nube o il Non-conosciuto, principio universale, era in effetti il dio massimo della massoneria greca così come di quella moderna, la nube che abbracciava Ixion e che i greci definivano "avviluppata" con una testa di bove quale geroglifico. Vediamo, del resto che questa professione di fede, che i Massoni dicono di avere per i Druidi, era conforme perfettamente a quella di Platone». E Platone affermava che l’Amore è il più antico Dio del mondo.
C’è da chiedersi se M.G. D’Orcet indugi in un errore necessario per la propria ardita tesi. I Massoni attuali che si piccano di detenere le vere tradizioni la pensano in maniera differente? Cediamo loro la parola: «Dimostriamo a noi stessi – scriveva il Fr. Bailleul in un discorso pronunciato al Grande Oriente il 19 ottobre 1847 – dimostriamo a noi stessi di possedere la dignità per essere i continuatori di questa venerabile istituzione che ha attraversato così tanti secoli sulla scia del nostro fratello Platone». Ma il Fr. Bailleul avrebbe potuto abusare – forse – delle patenti di nobiltà dell’Ordine di cui è fiero di appartenere.
L’americano Mackey, autore di opere considerevoli sull’origine della massoneria, dichiara di aver ritrovato nella sede originale dell’Accademia Platonica in Firenze, fondata nel 1480, gli affreschi murali originali ornati con simboli pitagorici. Notiamo a margine che i maestri, dopo Dante, nelle scienze d’amore, Ariosto, Petrarca, Tasso, Boccaccio, Michelangelo, Gravinne e Marsilio Ficino, il grande umanista, sacerdote e canonico della chiesa di Roma, ne facevano parte. Quest’ultimo ci ha lasciato una testimonianza scritta della natura del suo credere; si legge in una delle sue opere, una sorta di Banchetto, questa nota singolare per la penna di un ecclesiastico: «Che lo Spirito Santo, amore divino che ci è stato insufflato da Diotima, illumini il nostro intelletto». Non è più il Paràclito secondo ortodossia.
È pur vero che tutte le fonti che attingono più o meno all’Arte del Costruire o a certi gruppi possono apparire sospette o almeno interessate. Si dovrà ricusare quelle della Storia ufficiale?
Henri Martin, studioso assai autorevole, tratta lui stesso di Massoneria e di Cavalleria e da questa al Druidismo. Riconosce che il romanzo del Santo Graal ne è l’espressione autentica. Più avanti vedremo la connessione fra la Tavola Rotonda e i misteri greci. Ecco il testo dello storico Henri Martin: «Nel Titurel la leggenda del Graal raggiunge la sua ultima e splendida trasfigurazione sotto l’influenza delle idee che Wolfram [von Eschenbach, N.d.T.] sembra aver diffuso in Francia e in particolare fra i Templari del Meridione di Francia (gli Albigesi). Un eroe, di nome Titurel, fonda un tempio per ospitare il Sacro Calice ed è il profeta Merlino che dirige questa costruzione misteriosa, iniziato che fu per mezzo di Giuseppe di Arimatea in persona al progetto del tempio di Salomone. La Cavalleria del Graal diviene così la Massenìa, ovvero una massoneria ascetica i cui membri si denominano Templisti, e si può cogliere qui l’intenzione di collegarsi ad un centro comune espresso da questo tempio ideale, l’Ordine dei Templari e le numerose confraternite di costruttori che rinnovarono a quel tempo l’architettura del Medioevo. Si intravedono dunque bene degli spiragli su ciò che si può definire la storia di questo periodo, assai più complessa di quanto non la si creda comunemente».
G. D’Orcet, che ha consultato moltissimi testi su questo problema, ci assicura che «il numero di opere che trattano dell’antica massoneria è prodigioso e non meno prodigioso per la varietà delle forme, giacché perfino l’ordine dei Gesuiti vi ha apportato il suo contributo, e per di più dei più completi, con l’opera del gesuita Villalpando sul tempio di Salomone».
Che la cavalleria del Medioevo arrivi a noi originandosi dalle iniziazioni greche e druidiche, ciò non pare più tanto discutibile. Ma nel caso in cui essa derivasse proprio specificatamente da un’origine celtica, si potrebbe addirittura arrischiare a considerare la sua origine ancor più antica: Artù, il Re-Cavaliere e «penteyrn» dei Bretoni, attribuiva le proprie origini alla città di Troia e alla stirpe discendente da Ascanio, figlio di Enea l’Iniziato. Egli fonda l’ordine della Tavola Rotonda su tradizioni antiche.
L’origine dell’istituzione si perde dunque nella notte dei tempi, ma ciò che balza agli occhi è il fatto che tutte le associazioni cavalleresche erano aliene alla dottrina cristiana anche se abbracciavano giocoforza la divisa della Chiesa militante. E ribadiremo ancora la più palese riserva circa il dogma cristiano.
Non insisteremo ulteriormente; ci sembra ormai dimostrato che la cavalleria è un ordine misterico, erede di Menfi, Tebe e della Grecia. Lo studioso Goërres conviene anche lui che la cavalleria formava una vasta società segreta e ne identifica tutti i riti con quelli dei misteri pagani. La cavalleria è venuta a morire nelle attuali logge massoniche dove si incontrano ancora una profusione di titoli cavallereschi di cui si fregiano i Fratelli la cui vanitosa ignoranza ricorda la favola dell’asino che trasportava le reliquie. Henri Martin a ulteriore garanzia: «Ciò che è ben curioso, e di cui non si può più quasi dubitare, è che la Massoneria moderna risale, di scalino in scalino, alla Massenìa del Santo Graal».
Il Graal è la chiave del mistero della cavalleria: è la maschera cristiana della fede antica, il Palladium dell’ordine che lo metteva al riparo dal sospetto di eresia. Il Graal delle leggende della Tavola Rotonda è, per il profano e per la Chiesa gelosa, il Santo Calice nel quale Gesù celebrò l’Ultima Cena il giorno prima della sua morte istituendo il sacramento dell’Eucaristia. In realtà, per gli adepti, è ben altra cosa, o piuttosto il simbolo spirituale dell’arcano materializzato da Roma. La parola Graal ha messo nel più grande imbarazzo gli studiosi di etimologie: Diez si è avvicinato alla radice facendola derivare dal greco crater che – egli afferma – sarebbe potuto divenire cratale. In effetti il cratere – parola presente anche nella nostra lingua – indica proprio una grande coppa.
Ma questa coppa – il Coupo Santo di cui cantano ancora i poeti provenzali d’Albi e i cavalieri del Graal senza saperlo – è il vaso pagano del fuoco sacro. Camille Duteil, antico conservatore della sezione egiziana del Louvre, senza sospettare di aver individuato il Graal della Tavola Rotonda, rivela a pagina 143 del suo inestimabile Dictionnaire des Hiéroglyphes che gli egiziani denominavano gradal un vaso in terra cotta nel quale si conservava il fuoco nei templi. Il provenzale, in particolare il dialetto montano della Languedoc, meno corrotto, chiama grassal un certo tipo di vaso. È opportuno ricordare a tal proposito che i cavalieri continuatori dei riti egiziani parlavano e scrivevano il provenzale. Questo termine passò nella lingua dei trovatori. Il gardal, in scrittura geroglifica – aggiunge l’autore – esprime l’idea del fuoco (il contenente per il contenuto). Serapis portava il gardal sulla testa. Le vergini consacrate dei templi di Menfi curavano il gardal sull’altare di Ptah come l’emblema del fuoco eterno che perpetua la vita nell’universo. L’Igne Natura Renovatur Integra dei Rosa+Croce, a nostra percezione, è una traduzione fonetica di questo simbolo che la cavalleria custodiva con la massima cura. In tutti i templi antichi si venerava questa figura: il tempio di Vesta in Roma ne fu una delle ultime espressioni. Ma si può affermare che l’allegoria sia completamente scomparsa? La fiamma che arde in perpetuo davanti al Santo Sacramento nei santuari cattolici è un ricordo del gardal egiziano, e non è il solo. Dimostreremo un giorno che il cattolicesimo è la sola religione che ha conservato nella liturgia la vera tradizione dei mistagoghi orientali [prima del Concilio Vaticano II forse, N.d.T.].
Il Gardal è divenuto, per contrazione Grâal con un accento circonflesso, poi Graal, scritto senza tener conto del segno di contrazione.
La leggenda cristiana da cui si sviluppò questo mistero e la protezione di Giuseppe di Arimatea [N-O di Gerusalemme] che aveva offerto il sepolcro per il Salvatore, mascherano sufficientemente le origini sospette di questo rito. È vero che tutta la chiesa cristiana riposa sullo stesso fondamento, ma questa, materializzando il simbolo, non espone che l’aspetto essoterico ai fedeli mentre la cavalleria ne rivelava quello esoterico. Per di più non è difficile stabilire che i nomi dei personaggi che gravitano attorno al Graal non hanno alcuna origine ebraica: Giuseppe di Arimatea suona greco. Arimatea è chiaramente proveniente da airemahesis, scienza della dimostrazione. La radice air del verbo aireo, a i r e o , dimostrare, ci fornisce aireticos, a i r e t i k o V , eretico. Era da intendersi come nome di un grado o un soprannome iniziatico; così i Compagnons moderni si individuano ancora fra loro per certi appellativi come ad esempio X-la chiave dei Cuori, Agricol Perdiguier era soprannominato Avignonnais la Vertu. Arimatea era un termine proprio calato nel contesto e adatto a dare il cambio ai capi della chiesa temporale che non vedevano altro che l’arimathaïn di Palestina. Titurel, il fondatore del tempio del Graal, è ancora un nome che deriva da titrào, t i t r a o , che significa forare, penetrare. Corrisponde a Perceval, Parsifal, Perceforest [percer in francese significa penetrare, N.d.T.] che sono una traduzione manifesta di Titurel. Questi saggi aggiungono consistenza all’opinione degli studiosi che abbiamo chiamato in causa.
Sarebbe superfluo continuare in un’esposizione sommaria della storia segreta della Cavalleria; del resto la prova delle origini misteriche della Cavalleria è stata fornita con ampiezza notevolissima da un uomo di grande cultura, di amplissimo spirito religioso, Eugène Aroux, amico dello storico della Chiesa Cesare Cantù e traduttore della sua Storia Universale. Eugène Aroux consacrò a questa dimostrazione una serie di opere di un’erudizione insospettabile che citiamo in ordine di data: Dante eretico, rivoluzionario e socialista; La Commedia di Dante tradotta in versi secondo la lettera e commentata secondo lo spirito; Il Paradiso di Dante illuminato a giorno; Decrittazione massonica della Commedia albigese; Prove di eresia di Dante, con particolare riferimento a una fusione operata intorno al 1312 nella Massenìa albigese, il Tempio e i Ghibellini per costituire la Massoneria; Chiave della Commedia anti-catara di Dante; L’eresia di Dante dimostrata da Francesco (?) da Rimini e Excursus sui romanzi del Graal; La chiave della lingua dei Fedeli d’Amore e infine I misteri della Cavalleria e dell’amore platonico nel Medioevo.
L’autore di questa opera da monaco benedettino sacrificò un parte della sua fortuna e tutta la sua esistenza per far prevalere storicamente nella chiesa e nelle università il dati di fatto palese e irrefutabile che Dante fosse uno ierofante della Massenìa cavalleresca e fondatore della Massoneria moderna. Questo concetto è recepibile solo nelle sue linee principali perché la base ermetica dell’istituzione cavalleresca è sfuggita alle ricerche di Aroux il quale aveva una relativa conoscenza di certi aspetti esoterici.
Il punto di vista di Aroux differisce sensibilmente dal nostro: il nostro obbiettivo è il trovare un mezzo di conciliazione che non comporti alcuna incompatibilità assoluta. «Esisteva in realtà – egli dice – nella civiltà del Meridione di Francia come in quella del Nord, assai più arretrata, e non poteva esservi che una sola cavalleria. Era puramente feudale e per niente ispirata eroticamente. Quella dei Tristan, dei Lancelot du Lac, degli Amadis e dei Galaor non è esistita che nei romanzi e nelle assemblee segrete della Massenìa albigese. È in quest’ultima che bisogna cercare i cavalieri del Cigno, dell’Aquila Nera e Bianca, d’Oriente e Occidente, ecc. così come i seguaci d’amore a tutti i livelli».
Cosa dire? Questa tradizione di bravi cavalieri erranti e di cultori d’amore pronti a spezzare una lancia per il trionfo dell’onore e del buon diritto non si fonderebbe altro che su una finzione mistagogica e non avrebbe tratto vigore che dai sotterranei, numerosi in verità, ma assai distanti dagli alti manieri e dai fierissimi castelli erti su cime troppo elevate? Aroux cade qui in un errore scusabile confondendo nobiltà e cavalleria. Le due cose potrebbero combinarsi in un’unità, ma non erano assolutamente della stessa natura. Quando egli ci parla di una cavalleria feudale e di una cavalleria amorosa fa mostra di un’incongruenza assai strana in un uomo così preparato.
Aroux si sbaglia, perché non vi è che una cavalleria: quella dei misteri. Tutti i nobili, anche i più grandi feudatari non vi erano ammessi. Il titolo di cavaliere era ricercato come il più grande onore che poteva toccare in sorte a un uomo sulla terra e coronamento della nobiltà. Questa dignità era egualmente rifiutata ai re. Certi sovrani in realtà l’acquisirono in un periodo di decadenza in cui la cavalleria non era altro che un nome vuoto da cui lo spirito si era ormai dipartito. Ed anche se per i bisogni della causa ci si ridusse ad accogliere un sovrano regnante all’interno del tempio, fu a titolo profano che Napoleone o Luigi XVIII poterono essere ricevuti come Massoni.
Il titolo di cavaliere non può essere conferito alla leggera; egli deve sostenere le sue prove. Si è immaginato erroneamente che questi prodi si limitassero a rudi stoccate e a prove di bravura: in realtà il tutto si svolgeva altrimenti. Per essere armati cavalieri bisognava essere uomini di bontà nel senso più totale del termine, rinunciare alla vita di rapina degli alti baroni predoni e distruttori e proteggere vedove e orfani, in una parola essere rigenerati e nati a nuova vita. La chiesa, nell’XI secolo, non poteva che opporre un debole ostacolo alle razzie dei grandi signori e non può aver esercitato un’influenza sufficiente per poterle riconoscere il merito di un inversione sostanziale nei costumi feudali.
Per un’opera così considerevole necessitava una leva ben più possente di quella della forza della Chiesa composta soprattutto di elementi temporali. Non vogliamo negare assolutamente alla Chiesa romana un’azione morale che sarebbe ingiusto non riconoscere. Ma la cavalleria, anche se sviluppatasi sotto la sua protezione, aveva soprattutto un’abile mascheramento, lusingando la potenza papale e intraprendendo (sotto la maschera) la guerra di trincea che si è prolungata fino ai nostri giorni. Per rendersi conto di cosa era a quel tempo la chiesa ufficiale è sufficiente leggere l’orribile ritratto che ne traccia con veemenza Pierre Damien. Mai fu vista espressione più eclatante di putrefazione. Sarebbe dunque ragionevole immaginare un clero depresso come quello istigante il movimento cavalleresco? Il Vaticano sarebbe in grave imbarazzo nel produrre le prove ed è ben cosciente oggi che vi erano ben altre radici. Eugène Aroux, di quest’avviso per altro, si dimostra in questo senso mal informato: se si accetta la istanza di principio, la sua tesi crolla nelle basi.
Un obiezione si pone immediatamente: in quel tempo felice la cavalleria non era ereditaria mentre la nobiltà di razza lo era. Questo tratto precipuo dimostra che la cavalleria si consacrava a un’evoluzione morale del tutto particolare.
Ciò che ha creato questo malinteso nello spirito di Aroux afferisce a questo fatto di natura organizzativa: vi era nella nobiltà un organizzazione militare fortemente equestre in quanto al tempo si combatteva a cavallo; ma questi uomini di guerra a cavallo impugnavano la spada della forza e non quella della lealtà. Mai la storia potrà provare che i guerrieri a cavallo erano elevati cavalieri con una investitura tradizionale. Il grado di cavaliere (bannerit), causa di quest’errore, è una semplice omofonia senza riflessi derivata dalla parola cavallo. La cavalleria leggendaria, che è anche quella storica, esigeva un periodo di prova assai lungo.
In origine durava ben ventun anni; essa era conferita per mezzo di una cerimonia simbolica che sorprendeva il meno prevenuto. Dei padrini o testimoni erano indispensabili e non erano assolutamente delle comparse formali. Il candidato prendeva dapprima dei bagni frequenti e successivamente passava diverse notti in una cappella oscura in totale assenza di luce. Era la notte del sepolcro nella quale il vecchio uomo veniva inumato per esperire la putrefazione e resuscitare, poi, a nuova vita (la Vita Nova dantesca). Successivamente riappariva alla luce vestito totalmente di bianco per testimoniare la sua resurrezione morale. Adiva poi i riti della religione ufficiale. Dopo aver adempiuto a questo dovere riceveva la spada, quella del giusto combattere, e si procedeva alla vestizione. Un discorso iniziatico accompagnava l’atto dell’assumere ciascun pezzo dell’armatura che fissava in certa maniera il recipiendario ai doveri insiti nella sua carica. Roy, in un piccolo saggio, stampato tempo addietro presso Marne, raccoglie talune delle allocuzioni pronunciate in quella occasione; l’intenzione esoterica vi è palese: l’armatura non è altro che un’allegoria. Tutti i faciloni profani hanno ignorato il senso filosofico di tutto ciò.
Fauriet riconosce nel suo Corso di letteratura provenzale, pur in mezzo alle più grandi perplessità, che la cavalleria col reclutare nella minima nobiltà si poneva al riparo dalle azioni criminali della nobiltà da preda: «Questi uomini che prendevano in così elevata considerazione l’amore non erano né grandi baroni né potenti feudatari. Erano per la maggior parte poveri cavalieri senza feudi (l’autore qui si esprime con la lingua della nobiltà attuale per la quale il titolo di cavaliere è il più basso nella gerarchia). La maggior parte di essi apparteneva ai ranghi più bassi del sistema feudale e molti di essi sono proprio ricordati per la loro estrema povertà e il risalto minimo sulla scena del tempo».
Forse non viene da meravigliarsi che la chiesa non avesse affatto fiutato l’inganno? Ma "molti conventi, tanto maschili che femminili, erano invasi dall’eresia" dice l’Aroux. E Aidre Tieberg, nella sua eccellente opera sulla Route Sociale segnala certi monasteri dello Champagne che, nel Medioevo, celebravano i riti simbolici della Massoneria; solo successivamente andarono a sparire, e con ragione.
In verità la cavalleria, di cui l’Europa si onora e si incensa, ha impegnato con troppa ampiezza la vita reale perché la si possa ridurre ad una cavalleria puramente allegorica come quella dei (racconti). Una sarebbe sfumata nell’altra a tal punto da obnubilarla fornendo col mutamento un aspetto tale che si possa oggi scambiarla per l’altra? Il fatto avrebbe del prodigioso perché la nobiltà così gelosa delle sue prerogative non sarebbe rimasta impassibile a tale usurpazione che diminuisse il proprio prestigio.
La cavalleria si ispirava a dei principi così elevati per non essere unicamente un’istituzione guerriera, dato che pure quella che E. Aroux considera come cavalleria araldica testimonia essa stessa le più nobili aspirazioni.
Secondo il nostro parere essa è l’emanazione di alti spiriti del tempo che professavano il cristianesimo filosofico. Se era altrimenti e se si dovesse necessariamente creare una commistione fra cavalleria e Albigesi, Catari e Valdesi converrebbe abbandonare la logica e dire che tutti i membri di queste sette erano cavalieri.
Non ci rifiutiamo di riconoscer loro dei legami in spirito con la cavalleria; ma quest’ultima occupava il livello al di sopra dell’eresia professata dal popolo e coordinata da un sacerdote di pari condizione. Al posto dei trovatori che cantavano di buoni pensieri i contadini avevano gli ambulanti, i mercanti, i pellegrini e i guitti di strada. Questo stato di cose dipendeva necessariamente dall’influenza rigeneratrice della classe superiore ma, anche se essi professavano intimamente la medesima dottrina, la maniera d’esercitarla differiva.
Ed eleviamo le stesse riserve riguardo il cristianesimo dei cavalieri. Aroux lo intende, rispetto a quello dei nostri giorni, ad uno stato di purezza primigenia; noi pensiamo, al contrario, che al momento in cui la chiesa venne a patti con il potere temporale dando ai fedeli la carne materiale del Cristo quale unico nutrimento, gli ierofanti del cristianesimo filosofico, per salvare dalla rovina incombente la Religione della Saggezza, suscitarono il movimento cavalleresco per esercitare un’azione sulle classi più elevate e seguire il dettato degli antichi misteri consistente nel nutrimento dell’anima per mezzo della Scienza.
E dopo aver riunito in un sol corpo la cavalleria che l’Aroux aveva diviso in due, crediamo utile riprodurre qualche pagina assai illuminante sui Misteri della cavalleria riportati dall’autore in La Massenìa del Santo Graal e le corti d’Amore.
Goërres ha fatto uno studio comparativo fra le iniziazioni ai misteri e l’antica cavalleria. Un estratto di questo studio dovrebbe trovare giusto spazio e forse potrete procurarvelo. Il suo lavoro viene a confermare la mia tesi contro quella dell’Aroux; farebbe dunque un’ottima figura e documenterebbe con maggior solidità questo lavoro.